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Feuillet accompagnant la formation des enseignants en cours de carrière a sujet de la « Théologie des enfants ». Il pose les bases théoriques de cette pratique, l'illustre par des exemples concrets et donne des outils d'animation de débat théologiques. par Gabrielle Radermacher, inspectrice du cours de religion protestante.

Vers le document en pdf. Voici un extrait du document :

6. Que signifie « pratiquer la théologie avec les enfants » ?*

*Certains pédagogues, comme Petra Freudenberger-Lötz, préfèrent l’expression suivante : « mener une discussion théologique avec les enfants »

6.1. Les objectifs de cette démarche sont principalement :

- contribuer à la qualité de la réflexion et de l’échange théologiques : le cours de religion n’est pas un enseignement dogmatique. Le questionnement, l’esprit critique et la recherche y ont leur place.

- prendre au sérieux les questions des enfants et contribuer ainsi au développement de leur estime de soi.

- les élèves apprennent à dialoguer, à écouter l’autre, à respecter des avis différents, à articuler leurs pensées et leurs arguments, à exprimer leur foi, à entrer en dialogue avec les perceptions religieuses des autres enfants.

- aider les enfants à faire évoluer leurs représentations de Dieu, leurs perceptions religieuses. Cet apprentissage est intégré dans un processus didactique qui permet aux enfants de formuler, vérifier et reformuler leurs propositions.

 

6.2. « Pratiquer la théologie » (ou pour ceux qui préfèrent : « Mener un débat théologique »)  signifie concrètement pour les enfants :

a. S’étonner (apprendre à regarder et à s’étonner) :

Chaque enfant apprend à observer et à découvrir les « grandes et les petites choses » qui l’entourent ; l’enfant rassemble toutes ses impressions et construit son interprétation individuelle de la réalité. On parle d’une appropriation subjective du monde (et de tout ce qui l’entoure : le monde, les hommes, les relations, Dieu, etc.).

Pour pouvoir pratiquer la théologie avec les enfants, l’attitude de l’enseignant face à l’enfant est capitale : il doit pouvoir susciter la curiosité et l’envie d’apprentissage auprès de ses élèves. Il doit leur permettre de faire leurs propres découvertes théologiques sans leur imposer sa perception d’adulte.

b. Réfléchir et apprendre à exprimer ses pensées 

L’enfant doit apprendre à exprimer verbalement ses images internes, ses idées (L’image intérieure est traduite en paroles). Le contact social, (c.-à-d. l’échange avec les autres et leurs réactions) permet aux enfants d’évoluer. Ils comparent leurs interprétations à celles des autres et s’étonnent d’autres constructions. L’échange social joue un rôle primordial dans le développement de l’individu. Toutes les idées sont accueillies et ont le droit d’être prises au sérieux. L’enseignant doit signaler aux élèves qu’ils peuvent exprimer leurs idées et qu’il les écoute.

c. Poser des questions (et apprendre à les poser) : Le cerveau d’un enfant travaille constamment à la construction et à la reconstruction de l’interprétation subjective de la réalité. La réflexion suscite sans cesse de nouvelles questions qui lui permettent de progresser. Il est donc important de prendre au sérieux les questions des enfants  et de les aider à formuler leurs questions. Il est indiqué de prendre note par écrit des questions des enfants et de les inscrire au tableau, sur une affiche, sur une feuille de travail, à la dernière page du cahier, sur des fiches, etc.). L’enseignant signale ainsi à ses élèves que leurs idées et questions sont prises au sérieux et qu’elles ont une place dans le cours.

d. Apprendre à discuter, à s’exprimer dans un groupe

// pratiquer de la Philo avec les enfants ;

e. Proposer aux enfants des pistes de réflexion qui leur permettent de procéder à la vérification et à l’évolution de leurs conceptions et stratégies d’interprétation religieuse (mise en question, vérification, déconstruction, reconstruction).

 

6.3. Existe-t-il des différences entre « pratiquer la philo avec les enfants » et « pratiquer la théologie avec les enfants » ?

Ces deux pratiques partent du principe de la réflexion autonome et de la recherche de réponses des enfants (s’interroger, réfléchir). Le spectre de la réflexion est nettement plus large au niveau de la pratique de la philo.

On peut parler d’une réflexion théologique lorsque le débat tourne autour de questions liées à la foi (ou de la pratique religieuse), lorsque dans un sens large le débat tourne autour de la question de Dieu et/ou lorsque au niveau des réponses la question de Dieu intervient d’une manière ou d’une autre.

La pratique d’un atelier de philo n’est pas réservée au cours de religion, mais peut avoir lieu à d’autres moments (par exemple, au cours de langue maternelle). Alors que la pratique du débat théologique reste essentiellement réservée au cours de religion.

 
6.4. Structure possible d’un exercice de pratique théologique

a. Une première étape consiste à rassembler les différentes perceptions, questions et avis à propos d’un thème théologique

b. Deuxième étape : Discussion pour approfondir la compréhension des autres ; échange.  

  c. Troisième étape : L’enseignant donne des informations supplémentaires (supports : texte biblique, p.ex.) qui permettent de poursuivre et d’élargir le débat. Les élèves reformulent leur avis, perception.