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Nous parlons beaucoup de saint Nicolas, et nous ne savons pourtant que peu de choses de lui sur le plan historique. Il est né en Asie Mineure, nous dit-on ; il est devenu évêque de Myre (dans l'actuelle Turquie), et, à ce titre, il a participé au concile de Nicée en 325. Il a donc vécu au début du 4e siècle.

En revanche, saint Nicolas est beaucoup plus connu grâce aux légendes racontées à son sujet. Celles-ci sont sans doute fondées sur sa réputation de grande bonté envers les pauvres et les enfants.
Mais ce qui me semble le plus important pour nos élèves, c’est le lien évident entre ces légendes et l’Evangile de Jésus. Par exemple, s’il a libéré et rendu la vie à des enfants victimes de la cruauté d’un boucher, saint Nicolas ressemble beaucoup à Jésus dans son souci et son accueil des enfants, à une époque où ceux-ci n’avaient que peu de place dans la société… Un récit tout simple nous le rappelle si bien :
« Des gens lui amenaient des enfants pour qu'il les touche, mais les disciples les rabrouèrent. En voyant cela, Jésus s'indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux.
En vérité, je vous le déclare, qui n'accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n'y entrera pas ». Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. » (Mc 10, 13-16)
Ainsi, tout vrai témoin de Jésus ne peut qu’adopter la même bonté envers les plus petits, prendre soin d’eux, les défendre et devenir ainsi un modèle pour eux comme pour tous ceux et celles qui ont des responsabilités à leur égard. Nicolas, évêque de Myre, comme tout témoin de l’Evangile, nous guide vers l’amour de Jésus.
Et le saint Nicolas dont on nous raconte qu’il s’est montré, en pleine tempête, à des marins en danger qui l’avaient appelé à leur secours, ne ressemble-t-il pas curieusement à Jésus apaisant ses disciples en même temps que les eaux si cruelles ?
« Et voici qu'il y eut sur la mer une grande tempête, au point que la barque allait être recouverte par les vagues. Lui cependant dormait. Ils s'approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, au secours ! Nous périssons ». Il leur dit :
« Pourquoi avez-vous peur, hommes de peu de foi ? » Alors, debout, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. » (Mt 8, 24-26) 

Présenter ainsi saint Nicolas, c’est peut-être le regarder avec foi : en nous disant que sa mission ne faisait que prolonger celle de Jésus. La vérité de ces légendes se situe dans la volonté de raconter une vie imprégnée de la présence vivante et aimante de Jésus. L’évêque Nicolas, comme tout témoin de l’Évangile, oriente notre regard vers le Christ porteur de vie, vainqueur du mal, plus fort que toutes les tempêtes de nos existences. Au-delà de nos peurs, il nous invite à faire toujours plus confiance au Ressuscité qui nous accompagne en toute circonstance et répond à nos appels.

Tout compte fait, être témoin de Jésus, ne serait-ce pas, comme saint Nicolas, semer de la vie et du bonheur autour de soi ?

Étienne Gathy
Lu sur  www.pastorale-scolaire.net, le 24 novembre 2014.