Les textes de la Bible ne sont que rarement accessibles directement à la compréhension des enfants, et ce pour des raisons de l'ordre du langage et de la distance culturelle. Or, avant toute activité de réflexion sur le texte, il est nécessaire de s'assurer que les enfants ont bien compris le texte (qu'ils en ont un schéma mental correct et complet). Plus l'enfant est jeune et plus le texte est compliqué, plus ce genre d'activités doit être privilégié afin de ne pas construire sur la suite du cours sur le vide. Ce qui est vrai pour la bible, l'est aussi pour d'autres documents issus des sciences humaines ou de la philosophie dans les grandes classes. Les activités présentées ici ne se réduisent donc pas à la lecture des textes bibliques.

Ici, il s'agit entre autres d'utiliser les outils de savoir-lire proposés par les cours de français. Afin de ne pas passer exclusivement le cours de religion à travailler la langue maternelle, et pour dégager du temps pour développer les compétences qui lui sont propres, il est préférable de choisir avec soin son texte afin qu'il soit le plus possible accessible au public cible.

Pour dégager le sens symbolique (message/signification) d'un texte, il ne suffit pas de demander aux élèves : « D'après vous, que veut nous dire ce texte ? ». Cette démarche cruciale dans le cadre du cours de religion nécessite de prendre du temps, de guider les enfants dans leur réflexion et un savoir-faire expérimenté. Les activités proposées sur cette page ont pour but de permettre aux enfants de dégager par eux-mêmes le sens d'un texte biblique.

En théorie, il faudrait d'abord s'assurer de la compréhension au sens premier du texte avant de s'engager dans la compréhension symbolique et le dégagement du message de celui-ci. Cependant, en pratique, de nombreuses activités permettent de réaliser ces deux étapes de la réflexion en un même moment.


Le texte codé : L’activité du texte codé consiste pour les enfants à réécrire l’histoire sous forme de codes/symboles et de tenter de déchiffrer l’histoire codée des autres. Elle développe le langage symbolique dans l’écriture (création de symboles) et la lecture (déchiffrage de symboles).

Les mimes et saynètes : Se déclinant sous de nombreuses variantes, ils ont de nombreux avantages pédagogiques. Ils favorisent la mémorisation et renforcent l'intégration et la compréhension du texte par l'empathie provoquée.

Le qui fait quoi : Relever les actions des personnages pour mettre en évidence les convergences et les différences d'attitudes.

Raconte-moi la suite ! Exploiter la tension narrative du récit pour tenir les élèves en haleine et attirer leur attention sur l’originalité du récit. Il s'agit pour eux d'inventer la suite du récit et d'échanger leurs versions. Chaque version témoignera des conceptions de l'enfant ou du groupe qui l'a conçue.

Changer de narrateur : Cette méthode vise à développer l’empathie des élèves envers les personnages afin de leur faire vivre le texte plus intensément et de leur permettre de dégager plus facilement les enjeux importants pour les acteurs du récit. Elle consiste « simplement » à réécrire l’histoire du point de vue de l’un ou l’autre acteur de celle-ci.

Redonner à chaque personnages ses accessoires : Voilà une activité ludique et/ou créative qui permet de travailler le langage symbolique tout en vérifiant la compréhension d’un récit. L’enseignant a prévu des figurines, des dessins, des marionnettes de chacun des personnages de l’histoire et il a préparé, à part, un accessoire pour chacun d’eux. Le jeu consiste, bien sûr, à retrouver pour chaque personnage l’accessoire qui lui convient.

L'archétype : Après avoir utilisé d’autres types d’outils pour analyser un document, on peut demander aux enfants de donner un nom archétypal aux personnages, aux actions ou encore aux situations relevées dans le texte. Cela permet de faire apparaître la signification que les enfants on du récit et cela facilite le transfert.

Découvrir les échos artistiques du texte : Beaucoup de récits bibliques ont inspiré et inspirent encore des artistes. L’art éclaire le texte et permet d’entrer dans le langage symbolique propre à la dimension religieuse. De même, la connaissance des textes sacrés d’une culture permet de mieux appréhender son art. Il y a donc un pont évident entre les cours d’art et d’éveil artistique et le cours de religion.

Association d'images et de texte : Pour associer la lecture d'un texte à des images y référant afin de favoriser la mémorisation et la compréhension du texte tout en apportant un aspect ludique à la lecture. De nombreuses variantes sont possibles, à utiliser pour découvrir le texte ou pour en vérifier la connaissance.

Le faux texte : En inventant un « faux » texte proche sur la forme du texte à travailler mais contradictoire sur le fond, l'enseignant renforce le côté inattendu ou décalé du texte biblique original. Ce procédé fonctionne particulièrement bien lorsque la réponse du texte biblique à la problématique travaillée est inattendue voire choquante.

Dessiner le texte : Réaliser une BD, une couverture, le plan des actions des personnages, représenter sa scène préférée... permet de vérifier la compréhension et d'entrer dans l'intégration du récit pas les enfants.

Décrypter les symboles : Pour entrer dans une compréhension du message du texte, il est bien souvent nécessaire de s'attarder à la compréhension des symboles du texte. La première étape est de les repérer, la deuxième, de les décoder.

L'empathie : Se mettre « à la place » des différents acteurs. Le lecteur s'identifie à tel ou tel personnage qui devient un archétype. Ainsi le père, le brigand, le fils aîné, le fils cadet, le troupeau, le mercenaire, le prêtre, l'ouvrier... ne sont pas seulement des personnages de l'histoire, mais représentent des manières d'être qui peuvent être adoptées par n'importe qui.

L'interview : Dans cette activité, un élève est invité à jouer le rôle d'un des personnages de l'histoire et un autre élève, ou la classe, lui pose des questions pour tenter de comprendre ses motivations, pour apprendre à le connaître.

Le débat des personnages : Une technique qui prend tout son sens lorsqu'une controverse est présente dans le récit ou lorsque les motivations à agir semblent complexes et susceptibles de débat. Chacun des personnages est pris en charge par un élève et une discussion critique s'engage entre eux. Il s'agit ou de comprendre l'autre ou de lui prouver qu'il a tort. Chaque élève tente de rester dans son rôle pour justifier ses actions.

Titre, teaser et quatrième de couverture :  À sa capacité à résumer une histoire, on peut évaluer si l'élève en a compris l'essentiel. Ces activités peuvent se faire en complémentarité avec les cours de français et d'art.

Animer une équipe de catéchèse : Passer du sens littéral d'un texte biblique à son sens symbolique et religieux, de l'extérieur vers l'intérieur. Claude et Christine Lagarde ont mis en place une catéchèse en quatre étape de lecture d'un texte permettant d'entrer en profondeur dans sa signification, en guidant simplement les enfants (ou les adolescents et les adultes) par quelques questions... Un « monument » incontournable riche d'années d'expérience. Exploitable directement en classe.

Le schéma actantiel est un outil narratif qui permet d’analyser une histoire en se basant principalement sur les actions. Quel est l’objet de la quête ? Qui va aider le héros ? Qui va s’opposer ? Qui va en profiter ?

Le schéma narratif : Le schéma narratif est un outil d’analyse structurale du récit. Il en présente le déroulement chronologique. (Situation initiale, élément déclencheur, péripéties, résolution situation finale.)

Le théâtre biblique consiste à jouer les scènes de la Bible avec des marionnettes/figures. L'originalité du concept est de limiter le nombre de marionnettes, de décors et d'accessoires afin qu'ils reviennent de texte en texte. Ainsi, les enfants pourront progressivement faire des liens entre les différentes péricopes bibliques en associant tel personnage de l'histoire à celui d'une autre histoire étudiée précédemment.

Le domino des phrases à compléter : Découper le texte en paires de phrases que les enfants doivent reconstruire pour découvrir le texte et/ou son sens.

Le puzzle de texte : Le principe de du texte en puzzle est de découper le texte à travailler puis d'en soumettre les morceaux mélangés aux élèves afin qu'ils le reconstituent.

Comparaison de textes : Dans le jeu des différences, l'originalité du récit biblique peut apparaître. Faire émerger les ressemblances permettra de mettre en évidence les opinions communes. Aussi, une relecture contemporaine d'un texte biblique permettra, par les correspondances, d'entrer rapidement en phase d'actualisation ou d'intégration.

Le photolangage : La technique du photolangage consiste à s'exprimer au moyen de photos choisies. Elle favorise le langage associatif et symbolique.

Apprendre à connaître l'auteur et le contexte de l'écriture : L'enseignant s'inspire ici des méthodes d'exégèse historico-critiques. L'idée est que l'on peut mieux comprendre un récit si l'on comprend le contexte historique dans lequel vivait l'auteur.

L'étude des genres littéraires : Cette approche plus scientifique de la Bible permet de comprendre le texte lu dans contexte historique, selon le genre auquel il appartient et la fonction que son auteur lui attribuait. Ainsi, on pourra distinguer dans la Bible des chants, des prières, des codes de lois, des contes, des théophanies, des récits de miracles, des apocalypses, des paraboles, des mythes, des légendes, des discours… Il va de soi qu’on ne lit pas une légende comme on lit un discours.

Faire la carte d'identité des personnages : Cette activité consiste à réaliser, sur base du texte travaillé ou à l’aide de documents extérieurs, une fiche présentant les différents personnages de l’histoire. Nom, lieu de naissance, métier, quelques adjectifs pour le qualifier… On peut lui associer quelques mots d’une liste qui aurait été préalablement établie.

L'envers du texte : C’est une activité assez particulière qui consiste à révéler ce que le texte nie ou réfute. Elle demande des capacités de rédaction et un vocabulaire assez poussé, ce qui en fait un choix préférentiel pour les années du secondaire supérieur. Cela pourrait assez bien fonctionner avec un texte philosophique. Elle fonctionne a priori mieux sur les discours que sur les histoires.