Version imprimableSend by email

Ce court article est extrait d'une lettre que j'adresse aux professeurs de religion catholique de l'enseignement primaire subventionné de Bruxelles. Chacun peut se sentir concerné, s'il le désire.

À vous qui exercez l’exigent métier de professeur de religion

Je vous adresse ces quelques mots pour vous proposer de réfléchir à votre pratique. Tout ne sera peut-être pas clair de prime abord, mais nous sommes là pour croître, individuellement et en équipe, au service des enfants. Ces interpellations se veulent stimulantes. Si vous n’en comprenez pas l’une ou l’autre, ou si vous vous trouvez désarmé, n’hésitez pas à m’appeler.

Autrement dit, il ne s’agit pas de s’évaluer à l’aulne des réflexions présentées ci-dessous. Il s’agit plutôt de les recevoir comme différentes pistes de travail possible, comme une proposition de chantiers parmi lesquels choisir un objectif personnel ou d’équipe.

Votre inspecteur, Laurent Miller

Lire l'article en pdf.

 

Quelle est la croissance visée par votre cours ?

  • Quel est l’apprentissage, le gain escompté pour les enfants ?
  • Quelle croissance intellectuelle, psycho-affective, relationnelle, spirituelle ?

Tentez de le formuler en utilisant les compétences du programme. (Une ou deux maximum par séquence, ne pas citer toutes les compétences sollicitées, mais celles travaillées et évaluées.) Ne sous-estimez pas la capacité de réflexion des enfants, offrez-leur une occasion de grandir.

 

Quel est l’ancrage existentiel de votre cours ?

  • En quoi l’enfant est-il concerné par la thématique proposée ?
  • Comment lui faire percevoir cet intérêt ?

À mes yeux la vie d’un enfant jusqu’à 12 ans se résume à sa famille, sa classe, ses amis, la cours de récréation, l’un ou l’autre groupe associatif ou sportif, une éventuelle passion.

 

Quel est l’apport du christianisme à votre cours ?

  • Quel document (texte biblique, œuvre d’art, musique, vie de Saint, témoignage, …) ?
  • Comment allez-vous permettre aux enfants d’en percevoir et la pertinence par rapport à la problématique traitée et son originalité.

Plus qu’introduire ou illustrer une problématique avec un document issu du christianisme, il s’agit de percevoir comment ce document aborde la question de manière originale et donc différente, inattendue, voire dérangeante.

 

Évitez de moraliser à partir de l’Évangile.

  • Les enfants savent ce qu’il est bien ou pas bien de faire, le leur rabâcher ne les rendra pas meilleurs.
  • L’Évangile ne sert pas la morale, il est bien souvent contre-productif à ce sujet. Les gens que Jésus fréquente  sont les pécheurs, les impurs.
  • L’éthique chrétienne ne repose pas sur le sens du devoir ou sur la peur de la punition (l’enfer ?) mais sur la reconnaissance et la gratuité !

 

Apportez une bonne nouvelle !

  • Vos cours invitent-ils les enfants à être plus joyeux ? libres/libérés ? confiants en eux-mêmes, en leurs proches, en la vie ?
  • Vos cours cultivent-ils la paix, le beau, l’émerveillement ?
  • Le jeu a-t-il sa place dans votre classe ?

 

Préparez la réussite

  • Multipliez les évaluations formatives, les co-corrections, les auto-corrections.
  • Donnez une seconde chance, offrez des pistes de remédiations, n’enfermez pas dans l’échec.

Toute compétence évaluée de manière certificative doit avoir été travaillée et évaluée de manière formative au préalable. Les consignes de préparations aux tests doivent être claires. Il ne s’agit pas de connaître des feuilles, mais de savoir se préparer à la tâche concrète d’évaluation.

Étiquettes: