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Une évaluation certificative

Plusieurs moments d’évaluation peuvent parsemer le parcours. Par exemple, on peut conclure la phase de documentation par un test reprenant les différents points de vue. Une évaluation sommative des acquis devrait également se faire en fin de parcours.

Ce genre d’évaluation globale est délicat de quatre points de vue :

  1. La complexité des compétences engagées : demander aux élèves de rendre compte d’un parcours, de la progression de leurs préconceptions, leur demander de se positionner en nuances est extrêmement difficile, voire impossible en-dessous d’un certain seuil d’âge.
  2. La question de l’établissement de critères pertinents et objectifs : comment évaluer de manière objective la « progression » de l’élève dans le parcours ? À la quantité de citations pertinentes qui ponctuent son travail ?
  3. Désirabilité de la réponse : l’élève sait que l’enseignant attend une réponse qui manifeste de l’intérêt pour la thématique travaillée. Qu’il est souhaitable qu’il se montre engagé et affirme avoir appris, grandi durant la séquence. Est-ce le cas ? Puis-je exiger une implication réelle non seulement dans les activités de cours, mais aussi dans la démarche de remise en question ?
  4. Lorsque l’élève est engagé dans une réelle réflexion sur soi et ses valeurs (ce que souhaite cette méthode), cela donne-t-il pour autant le droit à l’enseignant d’exiger qu’il en rende compte ? D’une part oui, dans le sens où pouvoir rendre compte d’une opinion et l’argumenter fait partie des compétences terminales du cours de religion. D’autre part non, car rien ne permet à l’enseignant de forcer qui que ce soit à dévoiler son for interne et encore plus, dans le cadre d’une évaluation.

Ce problème rebondit également lorsque l’enfant, collaboratif, s’engage dans une réflexion personnelle et intime forte mais qu’il manque l’objectif pédagogique visé par les consignes. L’enseignant va-t-il mettre son travail en échec, émettant de la sorte un jugement négatif sur son « partage de vie » ?

 

De tout ceci se dégage quelques règles de conduite lors d’une évaluation certificative. Théoriquement, elles sont simples :

  1. L’évaluation porte sur la qualité de l’argumentation et non sur l’opinion émise. (La qualité de réflexion plus que l’implication personnelle.)
  2. Il en découle que toute opinion, même contraire à celle de l’enseignant est acceptable pour autant qu’elle tienne compte des données objectives travaillées en classe.
  3. L’évaluation se présente sous la forme d’une réflexion personnelle mais ne porte pas sur une réalité intime, voire personnelle.
  4. Il apparaît que ce genre d’évaluation n’est pas applicable en classe primaire et difficilement dans le premier degré du secondaire.

 

L’évaluation du parcours lui-même

Dans la logique de la pédagogie d’appropriation, il apparaît normal que les élèves s’approprient leurs apprentissage jusqu’à en évaluer la forme. Le cours a-t-il été enrichissant ? A-t-on répondu à mes questions de départ ?

Y a-t-il eu assez de liberté de parole ? Assez de divergences ?

Les documents étaient-ils accessibles ? Lequel nous apparaît sans intérêt, pourquoi ?

 

Le professeur prend garde de ne pas se défendre en répondant point par point aux éventuelles attaques faites à « son » cours. La logique de la méthode veut que la réflexion soit menée par la classe, c’est le groupe qui s’auto-évalue. L’enseignant s’exprime également en tant qu’animateur du parcours.

L’important est de dégager des pistes pour faire mieux la prochaine fois.

 

Poursuivre la lecture avec les objections à la méthode.