Version imprimableSend by email

Quelle porte d’entrée pour l’enseignant ?

La pédagogie d’appropriation se prête à merveille aux situations-problèmes proches des élèves. Un fait d’actualité marquant, un événement dans l’école pose question. Les réponses spontanées fusent et l’enseignant perçoit bien qu’il serait riche de creuser un peu la problématique pour en sortir vers le haut plutôt que de tomber dans des caricatures et des solutions simplistes.

 

Une pédagogie très impliquante

La pédagogie d’appropriation est très éloignée d’une philosophie en chambre. Elle vise très concrètement à une transformation du monde par l’agir. Mais un agir qui soit mûri, réfléchi. D’où sa préférence pour les dilemmes moraux ou les projets de classe. Cette méthode ambitionne concrètement d’apprendre aux enfants à devenir des citoyens acteurs et responsables.

 

Le travail des représentations en 4 étapes

La pédagogie d’appropriation est une méthode articulée autour du travail des représentations. Elle aspire clairement à travailler les représentations mentales des élèves afin de leur permettre de les corriger, les peaufiner, les transformer si le besoin s’en fait sentir. Ce travail se déroule en 4 étapes et est évalué en finale.

Lors de la phase d’éveil, outre motiver les élèves sur le sujet à travailler, l’enseignant veillera à faire émerger les représentations mentales des enfants et à les faire apparaître à leur conscience.

Dans un deuxième temps, la phase de documentation leur apprendra à se décentrer pour découvrir d’autres manières de concevoir la thématique abordée. Il s’agit aussi pour l’enfant de comprendre le bien-fondé de pensées, même divergentes.

Lors de la phase de confrontation, chacun pourra se rendre compte de l’importance des divergences, de leur éventuelle complémentarité ou incompatibilités. De la nécessité de choisir.

Lors de la phase d’interpellation chaque membre de la classe se retrouve face à lui-même. Ma manière d’agir et de penser formulée en début de séquence rend-elle compte de la complexité de la question ? Suis-je à même de justifier mes choix ?

Enfin, une phase d’évaluation du processus est mise en place dans une visée démocratique et pédagogique, c’est moins l’objet du cours que son déroulement qui est questionné : pourra-t-on faire mieux la prochaine fois ?

 

Les objectifs pédagogiques et les compétences privilégiées

La pédagogie d’appropriation vise à apprendre aux enfants à

  1. Formuler une question d’existence dans le but de la préciser et d’en dégager les enjeux dans les contextes où elle se pose ;
  2. Analyser une question fondamentale par des apports issus des sciences humaines et du christianisme ;
  3. Confronter pour comparer les articulations de ces différents apports ;
  4. Organiser une synthèse porteuse de sens qui articule culture, donnée de la foi et expérience dans la perspective d’une appropriation personnelle pertinente.

 

Toutes ces compétences sont des compétences terminales du cours de religion (en secondaire), il est donc évident que l’enseignant aura à cœur de former et d’accompagner les enfants dans l’apprentissage de ces compétences, avec patience et humilité. Je suis persuadé qu’il est possible de travailler les trois premières compétences en classe primaire. Par contre, il est peu probable qu’un enfant de  8 ans puisse construire et surtout formuler une synthèse personnelle nuancée de son parcours.

 

Pour le cours de religion de primaire, les compétences principalement travaillées avec cette méthode sont les deux suivantes :

  1. Comprendre les implications des valeurs chrétiennes dans l'aujourd'hui de nos vies ;
  2. S'engager progressivement dans un agir responsable.

Le programme de religion de primaire ne faisant pas la part belle aux autres convictions, il apparaît que la pédagogie d’appropriation, tout en respectant le programme, le déborde. Faire plus sans faire moins, cela me paraît justifiable.

 

Poursuivre la lecture avec la phase d'éveil.